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Liens utiles de l'IFR

Fil info de La Mission de Recherche Droit & Justice

  • 15 janvier 2021
    Sanctionner les « châtiments corporels à visée éducative » ? Aspects socio-juridiques d’un intolérable en devenir – Janvier 2021La proposition de loi relative à l’interdiction des violences éducatives ordinaires, adoptée le 2 juillet 2019, inscrit dans l’article 371-1 du Code Civil le principe suivant : « L’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques ». S’appuyant sur une enquête sociologique et juridique, la présente recherche restitue la genèse de l’institutionnalisation de ce nouvel interdit, ainsi que son appréhension par les professionnels administratifs et judiciaires, de même que par les familles. Si un nombre important de faits s’apparentant à des sanctions physiques ne sont pas portés à l’attention des services sociaux et de la justice, la recherche précise les circonstances dans lesquelles certaines situations peuvent être constituées en « affaires ». L’action administrative ou judiciaire intervient le plus souvent dans des contextes de ruptures conjugales ou de recompositions familiales, à l’initiative d’un des parents, dans des dossiers impliquant fréquemment des adolescents. La judiciarisation de faits dénoncés par des instances extérieures (éducation nationale, services d’action sociale) concerne surtout les familles issues des fractions précarisées des classes populaires et les parents issus de l’immigration, ou de territoires ultra-marins, invoquant une visée éducative inscrite dans un autre contexte socio-culturel. Les cas issus de milieux sociaux favorisés, liés à des pratiques éducatives rigoristes, échappent plus facilement au dispositif de protection de l’enfance. Parmi les critères de jugement à partir desquels s’élaborent les décisions, la présence de traces  physiques sur l’enfant, la régularité de la punition corporelle et les intentions attribuées à son auteur sont reconnus par les professionnels qui tolèrent davantage les pertes de contrôle passagères, la sanction physique comme mode éducatif volontaire étant condamnée. La recherche revient également sur le processus législatif engagé contre les violences éducatives et l’expertise médicale mobilisée à des fins militantes dans celui-ci, la loi votée déplaçant sur le terrain du droit ce qui n’était auparavant qu’une position morale. Enfin, elle interroge les rapports différenciés des familles à la norme de proscription des châtiments corporels selon leurs caractéristiques socio-biographiques. Il en résulte que le rapport à la sanction éducative est d’une grande diversité d’une famille à l’autre, même si la norme de ne pas blesser l’enfant semble partagée. Télécharger
  • 14 janvier 2021
    Prix Vendôme 2020Le Prix Vendôme 2020 a été attribué à Guillaume Chetard, pour sa thèse « La proportionnalité de la répression. Étude sur les enjeux du contrôle de proportionnalité en droit pénal français », soutenue le 28 novembre 2019 à l’Université de Strasbourg, sous la direction de Jocelyne Leblois-Happe et de Patrick Wachsmann. Guillaume Chetard est actuellement enseignant-chercheur contractuel en Droit privé et sciences criminelles à l’Université de Haute-Alsace.       Guillaume Chetard, lauréat du Prix Vendôme 2020 Son parcours Guillaume Chetard est Docteur en droit privé et sciences criminelles de l’Université de Strasbourg, où il a soutenu en 2019 sa thèse consacrée à La proportionnalité de la répression. Dirigée par la Professeure Jocelyne Leblois-Happe et codirigée par le Professeur Patrick Wachsmann, la thèse aborde les questions de droit criminel sous l’éclairage de la théorie du droit et du droit des libertés. Parallèlement à sa rédaction, Guillaume Chetard anime des travaux dirigés de droit pénal et de droit des obligations à l’Université de Strasbourg et participe à plusieurs projets de recherche collectifs dans le même domaine. Il contribue notamment à un ouvrage publié aux éditions Springer qui présente, en langue anglaise, comment neuf systèmes juridiques nationaux européens abordent la responsabilité pénale des décideurs politiques. En 2020, il est qualifié aux fonctions de Maître de conférences et recruté comme enseignant-chercheur contractuel à l’Université de Haute-Alsace. Il y enseigne le droit pénal spécial, la procédure pénale, les libertés publiques et le droit des contrats spéciaux. Il prépare actuellement, avec le même groupe international de chercheurs, un nouvel ouvrage collectif sur l’impact de la crise sanitaire sur le droit pénal. Voir le résumé de sa thèse : version courte ou version longue Voir la composition du jury 2020 Comment fonctionne le Prix Vendôme ?
  • 11 janvier 2021
    Déviances sportives : présentation du n°42 des Archives de politique criminelle en visio-conférence  Le lundi 25 janvier 2021 à 14h30 Le dernier numéro des APC est consacré à l’ensemble des déviances identifiées dans le milieu du sport : violences physiques, harcèlement, corruption, dopage… ainsi qu’aux politiques pénales mises en œuvre pour les combattre. La Mission de recherche Droit et Justice et le comité de rédaction des APC organisent une après-midi de présentation-débat en visio-conférence depuis le grand amphithéâtre de l’ENM à Paris (sous réserve des instructions sanitaires à cette date). Événement retransmis en direct en visio-conférence depuis la plateforme idealco : https://www.idealco.fr/evenements/deviances-sportives-137/conferences Retrouvez ici l’entretien croisé des responsables scientifiques et coordinateurs de ce numéro, Christine Lazerges et Pascal Beauvais. Consulter le sommaire Consulter le programme
  • 8 janvier 2021
    Les cahiers de la justice – L’office du jugeLe numéro # 2020/4 de la revue trimestrielle de l’ENM, Les cahiers de la justice dont la Mission de recherche Droit et Justice est membre du comité de rédaction est paru :   Dossier : L’office du juge   Auteurs : Julie Allard, Boris Bernabé, Guy Canivet, Louis de Carbonnières, Olivier Leclerc, Fanny Malhière, Bertrand Mazabraud, Sylvie Perdriolle, Etienne Vergès   Accéder à l’article en libre consultation Consulter le sommaire : https://www.dalloz-revues.fr/Les_cahiers_de_la_justice-cover-93636.htm
  • 8 janvier 2021
    La 6ème édition du Salon du livre judiciaire se tient en ligneLe contexte sanitaire ayant empêché que le Salon du livre judiciaire puisse se tenir au ministère de la Justice en présence du public, l’AFHJ a décidé d’innover et organise un salon virtuel, en ligne, pour vous présenter divers auteurs et ouvrages marquants récemment parus dans le champ de l’histoire de la justice. Retrouvez des entretiens vidéos avec les auteurs autour de trois grands thèmes : « crimes et criminels »; « jeunesse délinquante » et « Droit, justice et littérature ». Programme En savoir plus
  • 21 décembre 2020
    La barémisation de la Justice – Décembre 2020En 2016, la Mission de recherche Droit et Justice a lancé un appel à projets sur la barémisation de la justice, suite aux sollicitations de l’Inspection générale de la justice (IGJ), de la Direction des services judiciaires (DSJ), de la Direction des affaires civiles et du Sceau (DACS) et de l’École nationale de la magistrature (ENM). Ce numéro spécial d’Actu-Recherche présente les travaux de deux équipes de recherche retenues dans ce cadre. Ces recherches éclairent les usages des barèmes. Elles questionnent leur capacité à homogénéiser les décisions de justice et à garantir l’égalité de traitement entre les justiciables, et mettent en évidence une diversité de résultats quant à l’atteinte de ces objectifs. Elles soulignent aussi le rôle des barèmes en tant qu’outils d’aide à la décision, instruments de politique publique pour l’orientation des décisions, mais aussi de management de la « performance » du service public de la justice. Elles explorent les appréhensions des barèmes par les professionnels au regard des impératifs d’indépendance décisionnelle des juges et d’individualisation des décisions de justice. La première recherche, coordonnée par Isabelle SAYN, Vanessa PERROCHEAU, Yann FAVIER et Nathalie MERLEY, interroge la définition de l’objet « barèmes » et confirme la diffusion et l’usage au sein des juridictions du fond d’un large éventail d’outils d’aide à la décision construits par les acteurs.rices dans certains domaines du droit. La collecte systématique des outils existants et l’enquête, fondée sur des entretiens, mettent en évidence leur omniprésence dans l’exercice de la fonction de juger et la diversité de leurs formes et usages. Elle examine les conditions de leur diffusion et de leur appropriation par les juges ainsi que les effets de l’extension actuelle des barèmes sur les manières de rendre la justice. La seconde recherche, coordonnée par Cécile BOURREAU-DUBOIS, s’attache à tirer les enseignements des travaux académiques issus de l’évaluation des expériences étrangères en matière de barème et à proposer une analyse empirique de l’effet du barème en matière d’indemnités prud’homales et de celui relatif à la contribution à l’entretien et à l’éducation de l’enfant (CEEE). Elle s’appuie sur un riche matériau constitué de bases de données réelles issues de l’activité d’une juridiction prud’homale et de celle de juridictions civiles, ainsi que d’une enquête expérimentale auprès d’auditeurs de justice (élèves magistrats) et d’une enquête en ligne auprès de magistrats aux affaires familiales. Télécharger
  • 21 décembre 2020
    Le travail d’intérêt général – Succès et obstacles au développement d’une mesure pénale – Novembre 2020Instauré par la loi du 10 juin 1983, le travail d’intérêt général (TIG), effectué gratuitement dans une association ou un service public, est une peine pouvant être proposée à l’auteur de certaines infractions, et effectuée avec son accord. Cette sanction suscite une adhésion générale en raison des avantages qu’elle présente : réponse pénale claire, peu coûteuse et efficace ; elle remplit une fonction de réparation et de reinsertion en permettant à la communauté de s’impliquer dans la réinsertion du condamné.  Malgré son intérêt le TIG n’a pas réussi à s’imposer comme une alternative crédible et massive à l’incarcération.  Afin d’éclairer ce paradoxe, cette recherche propose un état des lieux de la mise en œuvre du TIG. En s’appuyant sur une analyse microsociologique des pratiques et des représentations des différents acteurs mobilisés dans le processus du TIG, depuis les juges qui le prononcent jusqu’aux encadrants directs des condamnés au travail, en passant par les Conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation (CPIP) et les responsables TIG des associations et collectivités locales, elle met en évidence ses facteurs de succès ainsi que les obstacles à son déploiement. Il résulte de ces investigations que le TIG est perçu par tous ces acteurs comme une chance d’insertion dans le monde du travail donnée au justiciable. Dans cette perspective, chacun des intervenants sélectionne les profils de condamnés les plus aptes à? s’inscrire dans un parcours d’insertion ou de réinsertion. Les juges d’application des peines (JAP) et les CPIP font coïncider ces profils avec les attentes des structures d’accueil tandis que ces dernières assurent un encadrement resserré et personnalisé du tigiste, engageant les valeurs de citoyenneté de leurs salariés. De ce fait, les réseaux interpersonnels tissés au niveau territorial entre professionnels de justice et structures encadrantes jouent un rôle primordial dans la réussite d’un TIG. Ces modes de fonctionnement, fondés sur une approche qualitative du condamne? et du TIG, sont efficaces quant à l’objectif d’insertion, mais n’offrent pas l’opportunité d’un développement a? grande échelle. Les chercheurs soulignent que le développement d’un grand nombre de TIG en réponse à des objectifs quantitatifs, notamment via l’accueil de groupes dans de grosses structures, de même que la gestion centralisée de l’offre de postes ne semblent pas compatibles avec l’individualisation et l’activation de réseaux interpersonnels locaux, qu’ils identifient comme des conditions sine qua non. Télécharger
  • 21 décembre 2020
    Les filières djihadistes en procès – Ethnographie d’audiences criminelles et correctionnelles (2017-2019) – Octobre 2020En 2017, le nombre de procès contre des personnes impliquées dans l’organisation de l’État islamique, les « velléitaires », prévenus ayant tenté sans succès de rejoindre la Syrie, ou les « revenants » du terrain guerrier irako-syrien, ne cesse d’augmenter. La France, pays d’Europe le plus touché par le phénomène des filières syro-irakiennes, est aussi celui où les attentats de Daech ont été les plus meurtriers. S’inscrivant dans ce contexte, la recherche examine les affaires liées au terrorisme jugées de 2017 à 2019 par la cour d’assises spécialement composée et la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Outre l’analyse du cadre juridique, de la législation antiterroriste, de la politique pénale et de son application par les magistrats, la recherche pose un regard pluridisciplinaire (droit, ethnologie et science politique) sur le rôle des acteurs à l’audience et le sens de la peine. Il ressort de l’observation des audiences et de la réalisation d’entretiens avec les principaux acteurs que la cour d’assises spécialement composée conserve l’image d’une cour d’assises de droit commun tendant à être spécialisée. Alors que les magistrats du parquet présentent une forte spécialisation renforcée par la création du parquet national antiterroriste (PNAT), l’arrivée massive de dossiers liés aux filières djihadistes devant la juridiction depuis l’automne 2019 a conduit à une spécialisation des magistrats du siège. Tout en préservant l’apparence des procès ordinaires, un certain nombre de principes et rituels sont remis en question : la pratique judiciaire connaît un changement de paradigme, la dangerosité l’emportant sur la culpabilité, le risque sur l’acte commis et la prévention sur la répression. Chaque audience observée exprime par ailleurs une tension entre un contexte de lutte contre le terrorisme (en général), dans lequel se positionne le parquet, et le jugement d’individus (en particulier), que le magistrat du siège, avec l’aide de l’avocat, s’efforce de préserver en individualisant l’acte de juger. L’observation de ces procès a permis aux chercheurs d’émettre des recommandations quant à la nécessité d’enregistrer les audiences afin de constituer une mémoire judiciaire du terrorisme, d’envisager un nouveau modèle d’expertise psychiatrique et de recourir davantage aux spécialistes de l’islam. Télécharger
  • 18 décembre 2020
    Mélanges en l’honneur de Jean DanetAvocat honoraire après 21 ans d’exercice, maître de conférences à l’Université de Nantes depuis 1995 et membre du Conseil supérieur de la magistrature de 2013 à 2019, Jean Danet aura mené une carrière à l’image de ses recherches, à la fois, riches et plurielles, à la croisée des interactions entre le droit pénal et les autres disciplines qui l’éclairent, sans jamais perdre de vue les enjeux liés à la pratique judiciaire. Ces nombreux ouvrages, articles et chroniques témoignent de son intérêt inépuisable pour la compréhension de la justice pénale et de ses mutations, parmi lesquels on peut citer La justice pénale entre rituel et management (PUR, 2010) ou bien encore La réponse pénale. Dix ans de traitements des délits (PUR, 2013), fruit d’une recherche empirique qu’il aura dirigé avec le soutien de l’A.N.R. Il s’impliquera par ailleurs dans plusieurs commissions ministérielles, dont la conférence de consensus sur la prévention de la récidive et la commission sur l’évolution du ministère public présidée par Jean-Louis Nadal (2013). Le droit rural auquel il a consacré sa thèse et une grande part de son activité de praticien mais aussi l’influence prégnante de l’œuvre de Michel Foucault lui ont en outre permis de penser le droit et la justice à hauteur d’homme comme à l’échelle systémique. À travers cet ouvrage, collègues, avocats, magistrats et amis, ont souhaité rendre hommage à l’avocat et au chercheur mais aussi à l’enseignant qui aura marqué plusieurs générations d’étudiants. Les Mélanges en son honneur sont coordonnés par François Rousseau, Sylvie Grunvald et Gildas Roussel, enseignants à l’Université de Nantes et de Bretagne occidentale. 12/2020 – 1e édition Éditions Dalloz
  • 10 décembre 2020
    Barémisation de la Justice : pour une meilleure homogénéisation des décisions ?Le 17 décembre 2020, la Mission de recherche Droit et Justice a organisé à la Cour de cassation un colloque de restitution des trois recherches achevées en 2019. Les débats ont été retransmis en direct depuis le site internet de la Cour. A cette occasion, la Mission vous propose un entretien croisé avec les responsables scientifiques des trois équipes de recherche concernées. Propos recueillis par Laetitia Louis-Hommani Laetitia L-H : Quels sont les principaux résultats de votre recherche ? Comment sont utilisés les barèmes aujourd’hui ? Cécile Bourreau-Dubois : Le premier résultat de notre recherche est que la mise en place de barèmes dans le système judiciaire ne débouche pas forcément en pratique sur les effets attendus. Sur la base de l’expérience des États-Unis, où l’usage des barèmes dans les tribunaux a été systématisé dès la fin du XXe siècle, plusieurs enseignements peuvent être dégagés : d’abord un barème, même impératif, ne supprime pas totalement la disparité des décisions inter juges, ensuite un barème doit veiller à réduire la mauvaise disparité (inter-juges, à affaire donnée) tout en préservant la bonne disparité (inter-affaires, à juge donné), enfin un barème n’augmente pas systématiquement le taux d’arrangement entre les parties. Un deuxième résultat est issu de notre recherche menée sur l’activité prud’homale des CPH. Nous montrons qu’il y aurait eu entre 2013 et 2017 un phénomène de convergence vers les montants prévus par le barème d’indemnités en cas de licenciement abusif. Mais nous soulignons également la nécessité de prendre en compte en parallèle les autres chefs de demande et montants obtenus afin de pouvoir apprécier complètement l’effet éventuellement homogénéisateur du barème.  Enfin, un troisième résultat est tiré de notre travail réalisé sur l’impact du barème en matière de pension alimentaire pour enfant. Nous montrons que, globalement, celui-ci contribue à atténuer la disparité de traitement entre affaires. Pour autant, nous montrons aussi qu’il est difficile statistiquement d’identifier de manière précise au profit de quel type d’affaires se réalise cette homogénéisation des décisions. Stéphane Gerry-Vernières : Qu’ils soient impératifs ou indicatifs, nés de la pratique ou impulsés par les pouvoirs publics, les barèmes mettent à l’épreuve le pouvoir d’appréciation des juges en ayant pour ambition de le normer. L’intérêt de notre recherche est de mesurer comment les acteurs s’emparent de l’outil. L’analyse en matière sociale rend compte des pratiques des juridictions et de la place donnée aux différents critères d’indemnisation du licenciement sans cause réelle et sérieuse. Elle démontre que si le barème impératif en matière de licenciement a pour objectif de rendre prévisible le quantum de l’indemnité, elle conduira vraisemblablement au développement de stratégies de contournement par les acteurs. En matière familiale, alors que les résultats montrent une homogénéité des pratiques relatives à la fixation de la contribution à l’entretien et à l’éducation, l’on compte au moins dix méthodes de calcul de la prestation compensatoire, sa fixation paraît bien plus hétérogène, les acteurs choisissant d’en privilégier une ou d’en métisser les usages. En matière pénale où le principe d’individualisation de la peine possède une force particulière, les barèmes se déploient de manière duale. Il est ainsi possible de distinguer, d’une part, les « barèmes construits » qui ont pour objet de faciliter l’activité décisionnelle des magistrats du parquet et, d’autre part, les « barèmes constatés » révélés grâce à l’analyse statistique portant sur les pratiques juridictionnelles des magistrats du siège. Isabelle Sayn : A partir de l’ensemble des outils d’aide à la décision recensé, la recherche propose une définition des barèmes, en retenant comme discriminante leur capacité à resserrer le maillage normatif, dans la mesure où ils s’appuient nécessairement sur une interprétation de la loi, plaçant ainsi leur présentation formelle au second plan. Elle démontre par ailleurs l’importance du phénomène, dans la justice professionnelle au moins. Tout en rappelant leur indépendance dans l’application de la loi et leur attachement fort à l’individualisation des décisions, les magistrats connaissent l’existence de barèmes dans leur champ d’activité et beaucoup les utilisent. Ils avancent la nécessité d’assurer la régularité des décisions rendues, qu’il s’agisse de leurs propres décisions ou des décisions rendues sur un territoire plus vaste (celui de la juridiction dont ils relèvent, celui de la cour d’appel ou encore celui de l’ensemble des juridictions nationales…). La recherche interroge enfin la place de ces outils dans l’institution judiciaire : malgré leur développement, sans doute lié à des évolutions socio-techniques, et leurs conséquences sur une conception plus horizontale de la justice, ils font figure de passagers clandestins. Même s’ils sont discutés à l’occasion des audiences, ils n’apparaissent pas dans le libellé des décisions, respectant en cela la jurisprudence de la Cour de cassation et un modèle vertical de justice. Cette invisibilité limite les possibilités de connaissances et de débats sur leurs conditions d’élaboration et de diffusion. Pourtant, sans leur accorder la qualité de normes juridiques devant respecter un processus démocratique d’édiction et de diffusion, on pourrait envisager de s’assurer de leurs bonnes conditions d’élaboration. Laetitia L-H : Pouvez-vous nous présenter brièvement la méthode de recherche que vous avez utilisée ? Cécile Bourreau-Dubois : Notre démarche a été double. Tout d’abord, nous avons souhaité commencer par établir un état des lieux sur les effets des barèmes dans le domaine de la justice à partir de l’analyse des travaux académiques sur le sujet, en l’occurrence principalement orientés sur le cas américain. Ensuite, nous avons mené une analyse empirique sur le cas de la France en nous intéressant au champ des indemnités prud’homales et à celui des pensions alimentaires pour enfants, tous deux concernés par l’introduction récente de barèmes. Dans le cas du contentieux prud’homal, il s’est agi d’une évaluation ex ante du barème, consistant en particulier à apprécier statistiquement la disparité des montants d’indemnités alloués avant la mise en place du barème, à partir de l’exploitation de 2000 décisions issues du CPH de Paris. Dans le cas du contentieux familial, il s’est agi d’une évaluation ex post du barème visant à évaluer statistiquement si la mise en place du barème de pension alimentaire avait contribué à réduire la disparité des décisions de justice. Notre préoccupation était de pouvoir produire des […]


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  • 15 janvier 2021
    Webinaire sur l’appel à projets transnational ERA PerMed 2021 en médecine personnaliséeQuels sont les objectifs, les thématiques ainsi que les modalités de candidature au nouvel appel à projets ERA PerMed 2021 sur la médecine personnalisée, lancé par 30 organismes de financement partenaires dont l’ANR ? L’ERA-NET ERA PerMed vous propose un webinaire d’information et d’échanges en anglais, le lundi 25 janvier 2021 de 13h à 14h30 (CET), sur cet appel qui se clôture le 4 mars 2021. Les inscriptions au webinaires sont ouvertes jusqu’au mercredi 20 janvier 2021.
  • 15 janvier 2021
    Recherche et innovation défense : l’essentiel sur les programmes ASTRID et ASTRID MaturationA l’occasion du lancement de l’édition 2021 du programme ASTRID, découvrez une présentation d’ASTRID et ASTRID Maturation, programmes qui soutiennent des projets de recherche aux retombées potentielles bénéfiques pour les domaines civil et militaire, et accompagnent la maturation de recherches duales. Intégralement financés par l’Agence Innovation Défense (AID) rattachée à la Direction générale de l’armement (DGA), ils sont mis en œuvre par l'Agence nationale de la recherche (ANR).
  • 15 janvier 2021
    Les résultats de l’appel ANR « RA-Covid-19 » Dans la continuité de l’appel ANR Flash Covid-19 ayant abouti au financement de 118 projets, l’ANR a lancé le 15 avril dernier un appel « Recherche-Action Covid-19 » qui vise à soutenir des travaux de recherche à court terme en lien avec la pandémie. L’appel était ouvert en continu jusqu’au 28 octobre 2020, avec plusieurs vagues d’évaluation pour opérer une sélection au fil de l’eau et un financement rapide des projets.
  • 7 janvier 2021
    Le genre en recherche : les vidéos du colloque ANR – CiradComment identifier les biais de genre dans l’évaluation et dans la production des savoirs ? Quels dispositifs peuvent représenter des potentiels leviers de réduction de ces biais ? Afin de présenter des travaux de recherche et de favoriser le partage de connaissances dans une logique de co-construction des outils méthodologiques à mettre en œuvre, l’ANR et le Cirad ont organisé un colloque virtuel le 15 décembre 2020. Découvrez les vidéos des interventions, présentations et tables rondes du colloque.
  • 7 janvier 2021
    Pré-annonce : un appel à projets transnationaux sur la circularité dans les systèmes mixtes de cultures et d'élevage, et l'atténuation des gaz à effet de serre (édition 2021)Les ERA-Nets Cofund SusAn (Sustainable Animal Production Systems), FACCE ERA-GAS (Monitoring & Mitigation of Greenhouse Gases from Agri- and Silvi-culture), ICT-AGRI-FOOD (ICT-enabled agri-food systems) et SusCrop (Sustainable Crop Production) vont lancer un appel à projets de recherche transnational et interdisciplinaire.
  • 5 janvier 2021
    Pré-annonce : un appel à projets transnationaux sur la mesure normalisée, la surveillance et / ou les biomarqueurs pour suivre la prise alimentaire, la fréquence de l’activité physique et la santéDans le cadre du JPI HDHL (« une alimentation saine pour une vie saine ») et de l’initiative HDHL-INTIMIC, l’Agence nationale de la recherche (ANR) lancera prochainement un nouvel appel à projets internationaux dans le domaine de la nutrition et de la santé. Cet appel réunira 10 organismes de financement de 8 pays différents. Le lancement de cet appel, qui se déroulera en deux étapes, est prévu le 28 janvier 2021 avec une date limite de soumission des propositions fixée au 31 mars 2020 à 15h00.
  • 4 janvier 2021
    [Webinaire] Lutte contre la résistance aux antibiotiques : le prochain appel à projets lancé dans le cadre du programme JPIAMREn amont du lancement du prochain appel à projets visant à prévenir et à réduire la transmission des facteurs de résistance aux antibiotiques grâce à des approches interventionnelles « One-health », l’Agence nationale de la recherche (ANR) s’associe au programme international JPIAMR pour informer les chercheurs français et internationaux lors d’un webinaire organisé le 28 janvier 2021 de 15h à 17h (CET).
  • 4 janvier 2021
    Préannonce : un appel à projets transnationaux sur l’hypersensibilité alimentaire : étude des effets bénéfiques et néfastes de la composition des aliments et de leur transformationDans le cadre du JPI HDHL (« une alimentation saine pour une vie saine ») et par l’intermédiaire de l’ERA-NET ERA-HDHL, l’Agence nationale de la recherche (ANR) lancera prochainement un nouvel appel à projets transnationaux dans le domaine de la nutrition et de la santé. Cet appel réunira 9 agences de financement de 8 pays différents. Le lancement de cet appel, qui se déroulera en une seule étape suivie d’un droit de réponse aux experts, est prévu le 2 février 2021 avec une date limite de soumission des propositions fixée au 8 avril 2021 à 17h00.
  • 21 décembre 2020
    Pré-annonce : ouverture prochaine d’un appel à projets internationaux « EU co-funded ERA-MIN Joint Call 2021 » dans le domaine des matières premières non combustibles, non alimentairesDans le cadre de l’ERA-NET Cofund ERA-MIN3, qui réunit 24 agences de financement représentant 21 pays et régions, l’Agence nationale de la recherche (ANR) lancera courant janvier 2021 le premier appel conjoint d'ERA-MIN3 cofinancé par la Commission européenne. Cet appel à projets devrait être doté d’un montant global d’environ 19M€.
  • 18 décembre 2020
    Covid-19 : l’ANR lance un nouvel appel "Résilience Covid-19" pour soutenir des projets de recherche prioritaires à court termeDans la continuité des appels Flash Covid-19 et RA-Covid-19, le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation (MESRI) et l’Agence nationale de la recherche (ANR) lancent en coordination avec REACTing, un nouvel appel Résilience Covid-19. Cet appel, ouvert jusqu’au 2 mars 2021, vise à soutenir des projets de recherche urgents dont les résultats pourront constituer une aide à la décision dans le domaine sanitaire, et contribuer à la gestion et au contrôle de l’épidémie et de ses effets au cours des 12 prochains mois.
  • 18 décembre 2020
    Maladies rares : lancement d’un appel à manifestations d’intérêt pour accélérer la recherche et l’innovation grâce aux bases de données Dans le cadre du Programme Prioritaire de Recherche (PPR) maladies rares mis en place par le Gouvernement à travers le Secrétariat général pour l’investissement (SGPI), et du 3ème Plan national maladies rares, l’ANR lance un appel à manifestations d’intérêt visant à accélérer la recherche sur ces maladies par la mise en œuvre de projets scientifiques ambitieux s’appuyant sur le recueil et le partage de données. Cette action bénéficiera d’une aide financière globale à hauteur de 16 M€ maximum. La date limite de dépôt des propositions est fixée au 22 avril 2021 à 11h.
  • 17 décembre 2020
    Science ouverte : lancement d’un portail HAL-ANR pour valoriser les publications issues des projets ANRDans le cadre de sa politique en faveur du libre accès aux publications, l’Agence nationale de la recherche (ANR) déploie un portail HAL-ANR qui facilite l’accès aux publications issues des projets financés par l’Agence. Ce portail, réalisé en collaboration avec le Centre pour la Communication Scientifique Directe (CCSD), est destiné aux communautés scientifiques, aux acteurs institutionnels de la recherche, et à toute personne souhaitant consulter les travaux des projets soutenus par l’ANR.
  • 16 décembre 2020
    La recherche sur la COVID-19 au service de l'information grand publicLe ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation lance ce mercredi 16 décembre une plateforme d'information grand public pour tout savoir sur la recherche dans la lutte contre la COVID-19.
  • 16 décembre 2020
    Avancées majeures de la recherche sur les maladies neurodégénératives : les vidéos du colloque organisé par l’ANR et l’ITMO NNPLes maladies neurodégénératives telles que les maladies d’Alzheimer et de Parkinson, la sclérose latérale amyotrophique et d’autres troubles neurodégénératifs, sont largement invalidantes et aujourd’hui incurables. Face à l’enjeu de santé publique majeur que représentent ces maladies, quelles avancées scientifiques ont été réalisées ces dernières années en termes de diagnostic, de compréhension de l’évolution de ces maladies ou encore de pistes thérapeutiques ?
  • 9 décembre 2020
    Télécom Paris lance la chaire « NoRDF Project » pour extraire les causalités, négations, croyances et sentiments des textes en langage naturelLe projet de recherche NoRDF est issu du Programme National pour l’IA et vise à modéliser et à extraire des informations complexes à partir de textes en langage naturel. Son but est d’enrichir les bases de connaissances utilisées par les systèmes d’intelligence artificielle avec des événements, des causes, des conditions, des antécédents, des histoires, des négations et des croyances. Ce projet étudiera en particulier l’expression des sentiments.
  • 9 décembre 2020
    Pré-annonce : un appel à projets transnationaux visant à prévenir et à réduire la transmission des facteurs de résistance aux antibiotiques grâce à des approches interventionnelles « One-health »Le JPI AMR (une initiative de programmation conjointe visant à lutter contre la résistance aux antimicrobiens) lancera bientôt une nouvelle initiative cofinancée par la Commission européenne intitulée JPIAMR-ACTION. Dans le cadre de cette nouvelle initiative, l’Agence nationale de la recherche (ANR) s’associera à 30 agences de financement de 21 pays différents pour lancer un nouvel appel à projets transnationaux. Le lancement de cet appel, qui se déroulera en deux étapes (pré-propositions/ propositions complètes), est prévu le 14 janvier 2021 avec une date limite de soumission des pré-propositions fixée au 16 mars 2021 à 12h00.
  • 8 décembre 2020
    Accompagnement de recherches et d’innovations défense : ouverture prochaine de l’appel ASTRID 2021 La onzième édition de l’appel à projets ASTRID - Accompagnement Spécifique des Travaux de Recherches et d’Innovation Défense, mis en œuvre par l’Agence nationale de la recherche (ANR) et financé par l’Agence de l’innovation de défense (AID), sous la responsabilité du Délégué général pour l’armement, sera lancé lors de la première quinzaine de janvier. La date limite de soumission des dossiers est d’ores et déjà fixée au 2 mars 2021.
  • 7 décembre 2020
    Publication du cahier n°13 de l’ANR « Les maladies neurodégénératives : le défi des neurosciences » Quelles sont les récentes avancées de la recherche sur les maladies neurodégénératives ? L’ANR publie un nouveau cahier thématique, proposant un état des lieux de la recherche sur ces maladies et un bilan des projets qu’elle a financé entre 2010 et 2018. Disponible en téléchargement, ce cahier est destiné aux communautés scientifiques, aux décideurs politiques et à toute personne désireuse d’en savoir plus sur les perspectives de recherche et d’innovation.
  • 3 décembre 2020
    Webinaire : découvrez les appels à projets transnationaux 2021 en biologie santéL'Agence nationale de la recherche (ANR) et le Point de Contact National (PCN) Santé organisaient un webinaire d’information et d’échanges le lundi 23 novembre 2020 à 10h, sur les différents programmes de financement en biologie santé dont l’ANR est membre (ERA-NET, JPI, etc.) et les appels à projets qui seront lancés via ces programmes en 2021. Ce webinaire s’adressait principalement aux communautés scientifiques du domaine.
  • 27 novembre 2020
    Loi de programmation de la recherche : un accroissement significatif du budget de l’ANR dès 2021Jeudi 19 novembre 2020, le Conseil d’administration de l’Agence nationale de la recherche (ANR) a adopté le budget 2021 qui prévoit des dépenses d’intervention pour le financement des projets de recherche pour 1,19 Md€, un niveau inédit depuis la création de l’agence en 2006. Ce budget initial 2021 augmente de 444 M€ par rapport à 2020 et concrétise les engagements pris par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation dans le cadre de la loi de programmation de la recherche pour que l’ANR devienne au plus vite une agence de financement de la recherche de niveau mondial. Le plan de relance accélère encore cette dynamique et permet d’atteindre dès 2021 un montant des appels à projets de 1 Md€. Cette augmentation historique permettra de changer la donne au sein des laboratoires de recherche dès 2021.
  • 27 novembre 2020
    Technologies quantiques : les projets sélectionnés dans le cadre de l’appel ASTRID thématique lancé par l’ANR et l’AIDDe nombreuses ruptures scientifiques et technologiques ont été rendus possibles grâce à la physique quantique. Afin de soutenir des projets de recherche dont les retombées bénéficieront à la fois au domaine civil et à la défense, l’Agence nationale de la recherche (ANR) et l’Agence de l’Innovation de la Défense (AID) ont lancé en juillet 2020 un appel ASTRID ciblé sur les technologies quantiques. Découvrez les objectifs des quatre projets de recherche sélectionnés.
  • 24 novembre 2020
    Pré-annonce : appel à projets conjoint JST/ANR dans le cadre du programme JST-CRESTPour l’édition 2021, l’ANR renouvelle son accord de collaboration avec l’agence japonaise pour la science et la technologie (JST) dans le cadre du programme JST-CREST.
  • 19 novembre 2020
    Sur les traces des anciennes voies de dispersion d’espèces vers les Antilles : le projet ANR GAARAntiComment, quand et pendant combien de temps des territoires émergés auraient pu permettre la dispersion d’espèces animales sud-américaines vers les îles des Grandes Antilles ? Telle est la question du projet ANR GAARAnti qui vise à reconstituer l’évolution géodynamique de la région et l’histoire de sa biodiversité. Leurs travaux, publiés dans Plos One, mettent en évidence un raccourcissement et un épaississement crustal d'origine tectonique au Nord-Est des Caraïbes, favorisant l’émergence il y a 35 millions d’années (Ma) d’une île, « GrANoLA », qui devait permettre les communications entre Grandes et Petites Antilles. Entretien avec Philippe Münch, Mélodie Philippon et Jean-Jacques Cornée, chercheurs à Géosciences Montpellier, respectivement coordinateur et membres du projet.
  • 16 novembre 2020
    Webinaire ANR sur l’appel à projets bilatéral franco-allemand en intelligence artificielle L’Agence nationale de la recherche (ANR) vous propose un webinaire d’information et d’échanges le lundi 23 novembre 2020, sur l’appel à projets bilatéral franco-allemand en Intelligence artificielle (IA) dont la date limite de dépôt des propositions est fixée au 21 décembre 2020. Ce webinaire, en français, est notamment destiné aux communautés scientifiques et aux entreprises du domaine souhaitant déposer un projet à cet appel.
  • 13 novembre 2020
    Webinaire sur l’appel à projets BiodivRestore "Conservation et restauration des écosystèmes dégradés et de leur biodiversité"L’ANR et la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) organisaient le 12 novembre 2020 un webinaire sur l’appel à projets transnational BiodivRestore "Conservation et la restauration des écosystèmes dégradés et de leur biodiversité" lancé dans le cadre des partenariats BiodivERsA et Water JPI, afin de répondre aux questions des porteurs de projets français.
  • 10 novembre 2020
    ANR Tour 2021 : des webinaires d’information et d’échanges sur les appels à projets, les modalités de financement et les outils de suivi des projetsAu regard du contexte sanitaire, l’ANR adapte le format des rencontres de l’ANR Tour et propose plusieurs webinaires d’information et d’échanges avec les communautés scientifiques, tout au long du mois d’octobre et début novembre 2020. Au programme : présentation du Plan d’action 2021 et de l’Appel à projets générique (AAPG) 2021, des axes de l’AAPG par département scientifique, des appels dédiés aux partenariats public-privé, des appels tournés vers l’Europe et l’international, du règlement financier, des accords de consortium, et des nouveaux outils de suivi des projets.
  • 5 novembre 2020
    Nomination de Pascal Bain Responsable du département Sciences physiques, Ingénierie, Chimie et Energie (SPICE) de l’ANRPascal Bain est nommé responsable du département Sciences physiques, Ingénierie, Chimie et Energie (SPICE) de l’Agence nationale de la recherche (ANR). Il succède à Olivier Spalla, décédé le 6 août 2020, qui occupait cette fonction depuis septembre 2016 et dont il était l’adjoint.
  • 4 novembre 2020
    Rendez-vous au colloque virtuel « Le genre en recherche » organisé par l’ANR et le Cirad le 15 décembre 2020L’ANR et le Cirad, partenaires du projet européen Gender-SMART, co-organisent un colloque sur le genre en recherche, et plus particulièrement sur les biais de genre dans l’évaluation et dans la production des savoirs, le mardi 15 décembre 2020. Accessible depuis une plateforme numérique, ce colloque est destiné aux scientifiques de toutes disciplines, aux acteurs institutionnels de la recherche et à toute personne souhaitant s’informer sur les travaux de recherche en la matière.
  • 3 novembre 2020
    Les premiers résultats de l’Appel à projets générique (AAPG) 2020 de l’ANRL’Agence nationale de la recherche (ANR) publie les résultats de l’AAPG 2020 pour les trois instruments de financement JCJC, PRC et PRCE, incluant les projets sélectionnés au titre des priorités et des plans nationaux, ainsi que les projets sélectionnés sur les listes complémentaires.
  • 26 octobre 2020
    Intelligence artificielle : découvrez les projets sélectionnés dans le cadre de l’appel franco-germano-japonaisL’intelligence artificielle (IA) est une thématique prioritaire pour la France, l’Allemagne et le Japon qui ont lancé un appel à projets en 2019 afin de renforcer leurs collaborations de recherche dans ce domaine. Neuf projets ont été sélectionnés dans le cadre de cet appel cofinancé par l’Agence nationale de la recherche (ANR), la Fondation allemande pour la recherche (DFG), et l’Agence japonaise pour les Sciences et la Technologie (JST), avec une aide globale de plus de 7 millions d’euros.
  • 23 octobre 2020
    « Le désordre des sentiments » : retrouvez les Rencontres Recherche et Création le 31 octobre 2020 lors de la SEMAINE D’ART EN AVIGNONLe Festival d’Avignon se réinvente cette année. Après « Un Rêve d’Avignon », événement numérique inédit organisé tout au long du mois de juillet, l’Agence nationale de la recherche (ANR) et le Festival d’Avignon poursuivent leur collaboration à l’occasion de la Semaine d’art en Avignon qui se tiendra du 23 au 31 octobre 2020. Objectif : valoriser les travaux de recherche et la pensée des œuvres en interrogeant « Le désordre des sentiments ». Un temps d’échanges où artistes et chercheurs confronteront leur lecture de ces états troublés.
  • 23 octobre 2020
    Signature de trois conventions territoriales entre la région Pays de la Loire et l’ANR, l’ANRT et le CNRS pour soutenir la recherche et l’innovationA l’occasion de son déplacement dans la région Pays de la Loire, dans le cadre de son Tour de France des « Territoires de Savoirs », Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, s’est rendue à Angers où elle a assisté à la signature de 3 conventions entre la région Pays de la Loire et respectivement l’Agence nationale de la recherche (ANR), l’Association Nationale de la Recherche et de la Technologie (ANRT) et le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS).
  • 22 octobre 2020
    Pré-annonce de l'appel à projets transnationaux FLAG-ERA JTC 2021L’ERA-NET FLAG-ERA, coordonné par l’Agence nationale de la recherche (ANR), lancera prochainement son quatrième appel afin de soutenir des projets transnationaux de recherche qui travailleront en synergie avec les Flasgships Graphene et Human Brain Project. Il réunira 17 organismes européens de financement, dont l’ANR.
  • 20 octobre 2020
    Préannonce : un futur appel à projets transnational en médecine personnalisée L’ANR s’associe à 21 pays pour lancer prochainement un appel à projets transnational en « Projets de recherche multidisciplinaires sur la médecine personnalisée - Développement d'outils de soutien clinique pour la mise en œuvre de la médecine personnalisée » dans le cadre de l’ERA-NET en médecine personnalisée ERA PerMed. L’ouverture de l’appel est prévue le 14 décembre 2020.
  • 19 octobre 2020
    Retour sur la participation de l’ANR à la Fête de la science 2020La Fête de la science est une véritable opportunité pour favoriser les échanges entre les scientifiques et le grand public, transmettre le goût des sciences, partager des savoirs et une culture scientifique commune. C’est pourquoi l’ANR, engagée pour la promotion de la culture scientifique technique et industrielle (CSTI), a participé à la 29ème édition organisée du 2 au 12 octobre 2020 par le ministère de l’Enseignement supérieur de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), aux côtés des établissements de recherche.
  • 19 octobre 2020
    Un nouvel outil pour améliorer le suivi des projets de recherche ANRL’ANR déploie un portail de suivi des projets, accessible à tous les déposants et bénéficiaires d’un financement ANR. Il permet aux coordinateurs, aux responsables scientifiques, aux directeurs de laboratoires, aux tutelles gestionnaires et aux responsables administratif/financier de suivre à tout moment l’ensemble des projets de recherche ANR qui leurs sont rattachés.
  • 9 octobre 2020
    L’ANR publie le guide de l’AAPG 2021En complément du texte de l’Appel à projets générique (AAPG) 2021, l’ANR publie un guide explicitant les modalités de soumission, d’évaluation, de sélection et de financement des projets déposés à l’appel.
  • 8 octobre 2020
    Découvrez le rapport d’activité 2019 de l’ANRL’Agence nationale de la recherche (ANR) publie son rapport d’activité 2019 bilingue français – anglais.
  • 6 octobre 2020
    L’ANR, partenaire du Deeptech Tour pour favoriser les échanges entre les acteurs de la recherche et de l’entreprenariatChercheurs, doctorants, ingénieurs, entrepreneurs : l’ANR vous donne rendez-vous les 13 et 21 octobre 2020 aux deux prochaines étapes 100% numériques du Deeptech Tour organisées par Bpifrance à l’Université Clermont Auvergne et à l’Université Paris Sciences & Lettres. Au programme, des sessions plénières avec des témoignages et des exemples de recherches à l’origine d’innovations technologiques, ainsi que des workshops et des moments de networking.
  • 6 octobre 2020
    AAPG 2020 : l’ANR adapte le calendrier de publication des résultatsDans le contexte exceptionnel lié à la pandémie de Covid-19, l’allongement de la phase de dépôt des propositions détaillées a entrainé le report de la phase d’évaluation des propositions détaillées par les comités d’évaluation scientifique (CES) du mois de juin au mois de septembre. Afin de limiter l’impact de ce décalage et de ne pas retarder le démarrage des projets, les listes des projets sélectionnés pour financement seront publiées en continu après chaque comité d’évaluation, tout le long du mois de septembre et début octobre. Cette publication en continu permettra également de limiter le retard sur le processus de conventionnement des projets sélectionnés.
  • 5 octobre 2020
    Analyse des interactions homme – environnement dans le bassin de Persépolis, capitale de l’empire achéménidePour quelles raisons le bassin de Persépolis, une région aride à semi-aride, a-t-il été choisi comme le centre politique et socioéconomique de l’empire Perse (550-330 av. J.C.) et comment les activités humaines ont impacté les milieux naturels ? Telle est la question au cœur du projet ANR PaleoPersepolis (2014-2018) qui vise à mieux comprendre les interactions homme-climat-écosystèmes autour de Persépolis, notamment dans l’Antiquité lorsque des dynasties élamites et perses ont fondé des entités socio-politiques importantes.
  • 24 septembre 2020
    Webinaire sur l’appel à projets « Recherche transdisciplinaire sur les trajectoires vers la durabilité » du Belmont ForumL’Agence nationale de la recherche (ANR), l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) et Future Earth Paris organisent un webinaire d’informations et d’échanges en français le 6 octobre 2020 sur l’appel à projets de réseaux du Belmont Forum "Recherche transdisciplinaire sur les trajectoires vers la durabilité" lancé le 23 juillet dernier.
  • 23 septembre 2020
    Fête de la science 2020 : des événements numériques à ne pas manquerDans le contexte particulier lié à la pandémie de Covid-19, la Fête de la science se réinvente et propose des rendez-vous numériques pour tous les curieux et passionnés de science. L’ANR est partenaire de cette 29ème édition organisée par le ministère de l’Enseignement supérieur de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), aux côtés des établissements et des organismes de recherche.
  • 16 septembre 2020
    Publication du cahier n°12 de l’ANR : les apports de la génomique à l’agroécologieDans quelles mesures les avancées scientifiques issues de projets ANR en génomique des animaux, des plantes et des microbes pourraient enrichir les recherches en agroécologie ? L’ANR publie un nouveau cahier thématique qui dresse une analyse du financement des projets en génomique depuis 2005, présente des projets à fort intérêt pour l’agroécologie, et propose des pistes prioritaires de recherche en génomique pour appuyer les travaux en agroécologie. Ce cahier, disponible en téléchargement, est destiné aux communautés scientifiques, aux décideurs politiques et à toute personne désireuse d’en savoir plus sur cet enjeu.
  • 16 septembre 2020
    Nouvel éclairage sur le rythme de l’horloge radiocarbone pour la datation des évènements environnementaux, climatologiques ou archéologiques

    La datation au radiocarbone, fondée sur la désintégration radioactive du carbone 14 (14C), est la méthode la plus utilisée pour la période des 50 000 dernières années. La teneur en 14C d’un échantillon fossile est comparée à la teneur atmosphérique, cependant puisque celle-ci varie dans le temps, il est nécessaire de connaître la teneur atmosphérique en 14C contemporaine de l’époque de l’échantillon. Une courbe de calibration du radiocarbone permet alors de corriger l’âge mesuré par le 14C en fonction de cette variation. Or, la toute nouvelle courbe IntCal20 a révélé une accélération de l’horloge radiocarbone entre 50 000 et 40 000 ans avant le présent, période où il y a deux fois plus d’années du radiocarbone que d’années calendaires. La mise en évidence de cette anomalie permet une datation plus précise et une meilleure correction de l’âge des échantillons.

    Entretien avec Edouard Bard, Professeur au Collège de France, chercheur au CEREGE (Centre Européen de Recherche et d’Enseignement des Géosciences de l’Environnement) et coordinateur des projets ANR CARBOTRYDH (2017-2021) et Equipex ASTER-CEREGE (2011-2019) dont les analyses ont contribué à l’élaboration de la nouvelle courbe.

    Quelles nouvelles données révèle la courbe de calibration IntCal 2020 sur le rythme de l’horloge radiocarbone ?

    Edouard Bard : « La courbe de calibration représente les âges 14C en fonction des âges vrais (dits calendaires). Elle est construite en mesurant le 14C dans des échantillons pour lesquels des âges justes et précis ont été mesurés par des méthodes indépendantes comme le comptage des cernes annuels des arbres (dendrochronologie) ou la datation des carbonates par la méthode à l’uranium-thorium (U-Th). La nouvelle courbe IntCal20 permet de calculer le rythme de l'horloge radiocarbone avec une précision sans précédent. Pour l’essentiel des 50 000 dernières années, la pente de la courbe est inférieure à l’unité, ce qui signifie que l’horloge radiocarbone fonctionne au ralenti. Le nouveau résultat majeur, qui vient d’être publié par les PNAS, est que la pente de la courbe IntCal20 est caractérisée par un maximum entre 50 000 à 40 000 ans avant le présent (Before Present : BP). Au cours de ce maximum, l’horloge radiocarbone a tourné jusqu’à deux fois plus vite que l’écoulement réel du temps. Cette accélération considérable s’étale sur plusieurs millénaires.

    Cette dilatation du temps radiocarbone est liée à l’effondrement du champ géomagnétique au cours d’un événement géophysique centré vers 41 000 ans BP (excursion magnétique de Laschamp). L’arrivée sur Terre des particules du rayonnement cosmique est en effet modulée par l’intensité de la dynamo terrestre comme l’indique la correspondance entre les enregistrements paléomagnétiques et les concentrations de béryllium 10 des glaces polaires (comme le 14C, l’isotope 10Be est un radionucléide formé par le rayonnement cosmique). »

    Quels sont les apports et les impacts potentiels de ces résultats pour les utilisateurs de la datation au radiocarbone ?

    E. B. : « Depuis trente ans, les courbes de calibration du 14C sont préparées par un groupe de travail international (IntCal), elles servent à toute la communauté des utilisateurs du 14C pour obtenir des âges justes et précis.

    L'impact de la dilatation du temps radiocarbone entre 50 000 et 40 000 ans BP peut s’illustrer en considérant des sites préhistoriques occupés par les derniers néandertaliens et les premiers hommes modernes d’Europe. Le recouvrement chronologique entre les plus anciens vestiges d'Homo sapiens et les néandertaliens les plus récents est de plus de six millénaires avec le radiocarbone. Après calibration, cette durée est réduite à moins de quatre millénaires en années calendaires. Cette dilatation du temps devrait aussi affecter les discussions sur la colonisation de l’Eurasie et de l’Australie, et permettre d’améliorer l’étalonnage de l'horloge génétique humaine. Elle aura encore d’autres conséquences dans des domaines variés comme la paléoclimatologie et la géophysique ainsi que pour tous les utilisateurs de la datation au radiocarbone pour cette période reculée.

    La courbe IntCal20 devrait conduire à des progrès scientifiques au-delà des aspects purement chronologiques. En effet, le 14C est aussi utilisé comme traceur pour étudier le cycle du carbone pendant les changements climatiques des 50 000 dernières années. La publication d’IntCal20 va conduire à une réévaluation de tous les enregistrements et modélisations des échanges de CO2 entre les différents compartiments du cycle du carbone, notamment l’atmosphère, les océans, la végétation et les sols sur les continents. »

    Dans quelles mesures les recherches menées dans le cadre des projets CARBOTRYDH et ASTER-CEREGE ont contribué à l’élaboration de la courbe IntCal20 ?

    E. B. : « La courbe IntCal20 inclut des résultats obtenus par le CEREGE grâce au nouveau laboratoire du radiocarbone installé dans le cadre du projet Equipex ASTER-CEREGE des Programmes d’investissements d’avenir (PIA), en particulier le spectromètre de masse par accélérateur (AixMICADAS) dédié au 14C et son unité de purification du carbone.

    Nous avons d’abord vérifié la justesse de nos datations 14C de carbonates marins (coraux et foraminifères) introduites précédemment dans la base de données IntCal. En parallèle, nous avons développé un protocole pour l’analyse du bois à haute précision. La qualité de nos datations fut démontrée lors d’une comparaison internationale sur des séries d’arbres subfossiles. Le nouveau laboratoire fait partie des huit laboratoires les plus justes et les plus précis au monde qui ont travaillé à l’établissement de la calibration IntCal20.

    Nous avons donc engagé un projet de recherche sur l’analyse de bois subfossiles provenant des Alpes du Sud-Est de la France, le projet ANR CARBOTRYDH, fruit d’une étroite collaboration entre le CEREGE et l’IMBE d’Aix-Marseille. Ces arbres qui ont vécu de 15 000 à 8000 ans BP, sont d'une importance capitale pour la calibration du 14C. Nos résultats ont notamment permis de combler une lacune correspondant à un épisode froid (Dryas Récent) qui empêchait jusqu’à présent l’extension de la calibration jusqu’à 14 000 BP.

    En parallèle à ces travaux de géochronologie, nous avons comparé notre nouvel enregistrement du 14C des Alpes françaises avec celui mesuré sur des arbres subfossiles provenant de l’hémisphère sud (pins Kauri de Nouvelle-Zélande). Ceci nous a permis de quantifier le gradient interhémisphérique en 14C qui est lié à des différences dans les échanges régionaux de CO2 entre l’atmosphère et l’océan. Nous avons montré que ce gradient avait changé de façon synchrone à une augmentation du CO2 atmosphérique vers 12 900 ans BP au cours de la dernière déglaciation. Nos observations devraient permettre de mieux identifier et modéliser les sources de CO2 au cours de cette période de réchauffement climatique. »

    Quelles sont les prochaines étapes du projet de recherche ANR CARBOTRYDH ?

    E. B. : « Les recherches continuent pour étendre dans le temps la calibration du radiocarbone. Pour le moment, l’échelle dendrochronologique est calée de façon absolue jusque vers 14 000 ans BP. Au-delà, nous avons quelques sections de chronologies « flottantes ». Notre ambition est de les rattacher avec de nouveaux bois subfossiles et d’obtenir une calibration optimale pour les 16 000 dernières années. Cette extension nous permettra d’étudier une période caractérisée par des transitions climatiques très marquées (Alleröd-Bölling).

    L'intérêt de la mise en évidence du biais chronologique du radiocarbone réside dans l'interprétation physique du phénomène lui-même. Le décalage des âges 14C implique que la teneur atmosphérique de cet isotope fluctue au cours du temps. En plus de l’influence du cycle du carbone, les variations rapides, de l'ordre de la décennie au millénaire, sont liées à des changements du taux de production du 14C en réponse à des fluctuations magnétiques du Soleil qui modulent l'arrivée sur Terre des protons du rayonnement cosmique. A plus long terme, il faut aussi tenir compte des variations de l’intensité du champ magnétique terrestre. Une diminution de ce champ laisse pénétrer dans l'atmosphère plus de rayons cosmiques responsables de la formation du 14C et des autres cosmonucléides.

    Une prochaine étape dans l’interprétation des données viendra de la comparaison quantitative des enregistrements du 14C mesurés dans les arbres subfossiles, avec les variations du 10Be analysées dans les glaces polaires et les sédiments océaniques, ainsi que les enregistrements paléomagnétiques des roches volcaniques et sédiments océaniques. La modélisation numérique nous permet de séparer les différentes contributions et d’obtenir de nouvelles contraintes sur les variations des échanges de CO2, de l’activité solaire et de l’intensité de la géodynamo. »

    Et les autres résultats attendus grâce à l’Equipex ASTER-CEREGE ?

    E. B. : « L’Equipex ASTER-CEREGE comprend trois volets d’instrumentation de géochimie isotopique : le spectromètre AixMICADAS dédié au 14C avec son laboratoire d’extraction et de purification du carbone, un spectromètre de masse à source plasma et multicollecteur (MC-ICPMS) accompagné de nouvelles salles blanches pour préparer les échantillons, et enfin, une nouvelle source d’ions à haute intensité pour l’accélérateur ASTERisques de 5 MV opérationnel au CEREGE depuis 2007. Ces outils sont utilisés de manières autonomes ou combinées pour de nombreux programmes de recherche.

    Dans le cadre du projet scientifique, des études sont en cours pour compléter les travaux sur la calibration du radiocarbone, notamment la mesure du 14C dans d’autres archives que le bois (sédiments marins, coraux fossiles, etc.). Le deuxième spectromètre du projet (MC-ICPMS) nous permet de dater les coraux par la méthode U-Th qui produit des âges justes et précis, indépendants de la méthode du radiocarbone. Un autre volet d’étude complémentaire concerne la mesure d’autres cosmonucléides (10Be et 36Cl) grâce à l'accélérateur ASTERisques dans des archives comme les carottes de glace de l’Antarctique et les sédiments océaniques qui nous permettent de quantifier les variations de la production des cosmonucléides (incluant le 14C).

    Les recherches réalisées grâce à l’Equipex ASTER-CEREGE vont bien au-delà de la thématique de la calibration du radiocarbone et de ses implications. Les thématiques principales concernent :

    • La reconstitution des variations passées du niveau marin et des mécanismes de déglaciation, afin d’améliorer la modélisation du changement climatique et de la fonte des glaces,
    • L’étude des échanges naturels et anthropiques de carbone entre l’atmosphère, l’océan, la végétation et les sols,
    • L’étude des perturbations géochimiques en cours dans l’environnement en réponse aux changements globaux et aux pressions anthropiques. En effet, le traçage isotopique multi-élémentaire permet d’étudier la distribution naturelle et la dispersion anthropique de certains métaux.

    En parallèle à ces sujets de recherche fondamentale, l’Equipex ASTER-CEREGE permet aussi une ouverture vers des sujets de recherche appliquée. »

    Le projet ANR CARBOTRYDH (ANR-17-CE01-0001, 2017-2021) regroupe deux partenaires : le CEREGE (UMR Aix-Marseille Université, CNRS, IRD, INRAE, Collège de France) et l’IMBE (UMR Aix Marseille Université, Avignon Université, CNRS, IRD).  Le projet Equipex ASTER-CEREGE (10-EQPX-0024, 2011-2019) est coordonné par Aix-Marseille Université.

    Nouveaux articles remerciant les projets CARBOTRYDH et ASTER-CEREGE:

    • Bard E et al., Extended dilation of the radiocarbon time scale between 40,000 and 48,000 years BP and the overlap between Neanderthals and Homo sapiens. Proceedings of the National Academy of Sciences, 117 (35), 21005-21007, (2020) https://www.pnas.org/content/117/35/21005
    • Capano M, et al., Onset of the Younger Dryas recorded with 14C at annual resolution in French subfossil trees. Radiocarbon, 62 (4), (2020) https://doi.org/10.1017/RDC.2019.116
    • Heaton TJ, et al., Marine20 - the marine radiocarbon age calibration curve (0-55,000 cal BP). Radiocarbon,62 (4), (2020) https://doi.org/10.1017/RDC.2020.68
    • Reimer PJ, et al., The IntCal20 Northern Hemisphere radiocarbon calibration curve (0-55 kcal BP). Radiocarbon, 62 (4), (2020) https://doi.org/10.1017/RDC.2020.41
    • Wacker L, et al., Findings from an in-depth annual tree ring radiocarbon intercomparison. Radiocarbon, 62 (4), (2020) https://doi.org/10.1017/RDC.2020.49

  • 15 septembre 2020
    Pré-annonce : un futur appel à projets franco-allemand en intelligence artificielleLe Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) via l’ANR, et le Ministère fédéral allemand de l’Éducation et de la Recherche (BMBF) via le PT-DLR, lanceront prochainement un appel à projets conjoint afin de renforcer les collaborations de recherche franco-allemandes dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA). L’ouverture de l’appel est fixée mi-octobre 2020 et la date limite de dépôt des propositions fin décembre 2020.
  • 3 septembre 2020
    Cartographie : vers une meilleure navigation entre des cartes et images hétérogènes. Le projet ANR MapMuxingComment faciliter, sur différents supports numériques, la visualisation et l’interaction avec des représentations cartographiques multiples (cartes à différentes échelles ou images aériennes) dans le cas d’un usage grand public ou professionnel ? Telle est la question à l’origine du projet ANR MapMuxing qui a étudié les besoins des acteurs de la gestion des risques de tsunamis, et développé plusieurs logiciels libres pour naviguer et explorer plus aisément entre différentes représentations.
  • 31 août 2020
    Deux systèmes haut-débit novateurs pour le diagnostic et la découverte d'anticorps thérapeutiques : le projet ANR DROP-mAbsL’amélioration des processus de découverte d’anticorps constitue un enjeu majeur en vue de réduire les délais d’analyse et d’accroître le nombre et la qualité d’anticorps candidats viables pour la thérapie ou le diagnostic. Le projet de recherche ANR DROP-mAbs décrit deux systèmes novateurs basés sur un même bio-essai: un système de détection capable d’estimer en quelques heures, pour des milliers de cellules sécrétrices d'anticorps en même temps, l’affinité de l’anticorps secrété pour sa cible ; et un système de tri en cellule unique basé sur la spécificité de l’anticorps sécrété, qui permet d’obtenir des répertoires d’anticorps de cellules sécrétrices dans l’objectif de faciliter l'analyse des réponses immunitaires et l'identification d'anticorps d’intérêt.
  • 20 août 2020
    Pré-annonce : un futur appel à projets de recherche sur la conservation et la restauration des écosystèmes dégradés et de leur biodiversité « BiodivRestore »L’initiative de programmation conjointe Water JPI et le réseau BiodivERsA lanceront prochainement un appel à projets de recherche sur le thème de la conservation et la restauration des écosystèmes dégradés et de leur biodiversité, avec un focus sur les écosystèmes aquatiques. Le lancement de l’appel est fixé au 5 octobre 2020, et la date limite de dépôt des pré-propositions au 7 décembre 2020.
  • 7 août 2020
    Disparition d’Olivier Spalla, Responsable du département Sciences physiques, ingénierie, chimie et énergie de l’ANRC'est avec une grande tristesse que nous venons d’apprendre le décès d’Oliver Spalla, survenu le 6 août 2020.


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